Steak rosé de bord à bord, saumon fondant, œuf parfait, carottes glacées : voici notre index de recettes sous vide, classées par aliment, avec pour chacune le couple température/temps qui garantit une cuisson parfaite. Gardez-le sous la main : c'est votre point de départ pour toutes vos cuissons à basse température.
Ce mode de cuisson — la cuisson sous vide à basse température — repose sur une idée simple : cuire à la juste température, celle que l'aliment doit atteindre à cœur. Cette cuisson permet de dissocier cuisson et coloration : la température à cœur d'abord, la croûte ensuite. La cuisson de la viande ne dépend plus du coup d'œil, mais d'un couple température/durée de cuisson. Il suffit de faire le vide dans un sac sous vide, de régler la température, et cette technique de cuisson fait le reste — c'est une méthode de cuisson d'une régularité totale, que les chefs appellent « cuisine à juste température » — la cuisine sous vide tolère même les liquides (marinades, beurre fondu) dans les sachets bien scellés.
Cuire sous vide obéit toujours au même rituel en quatre temps : assaisonner, mettre sous vide, cuire à la température de cuisson indiquée sans avoir à surveiller la température, puis saisir à la poêle brûlante pour la croûte. La méthode détaillée — matériel, sécurité, astuces — est dans notre guide complet de la cuisson sous vide ; et si vous n'êtes pas encore équipé, le comparatif des meilleurs cuiseurs et le guide des machines de mise sous vide vous mettront le pied à l'étrier. Un thermoplongeur d'entrée de gamme suffit pour toutes les recettes de cette page.
La cuisson des viandes rouges est le terrain roi du sous vide.
Le steak parfait — 55 °C · 1 h 30 pour 3 cm d'épaisseur. Salez, emballez avec une noix de beurre et du thym qui parfument pendant la cuisson, cuisez, puis saisissez 45 secondes par face. Rosé uniforme garanti, du premier au dernier centimètre.
Le filet de bœuf en croûte d'herbes — 54 °C · 2 h. Roulez-le ensuite dans un mélange herbes-moutarde et passez-le 3 minutes au four très chaud : l'effet « rôti de fête » sans stress.
Le paleron fondant — 55 °C · 24 h. La pièce à braiser devient rosée et tendre comme un filet, une transformation spectaculaire.
La joue de bœuf — 64 °C · 48 h, pour une texture confite qui se défait à la fourchette.
Filet mignon — 62 °C · 2 h. Cuit à basse température, il reste juteux et légèrement rosé — à des années-lumière du filet sec traditionnel. Ajoutez sauge et ail dans le sac.
Travers de porc — 74 °C · 12 h, puis laquez et passez au gril 5 minutes : la viande se détache de l'os.
Poitrine caramélisée — 70 °C · 10 h, découpe en cubes, saisie vive : le lardon ultime pour vos salades.
Gigot rosé — 56 °C · 4 h pour un cœur uniformément rose, à saisir entier au four 10 minutes avant de servir. Le gigot de fête sans l'angoisse de la découpe révélatrice.
Souris d'agneau — 68 °C · 24 h : le collagène se transforme en gélatine, la chair se détache de l'os à la cuillère.
Côtelettes — 55 °C · 1 h, puis 30 secondes par face sur feu très vif, romarin et ail en finition.
Blanc de poulet — 64 °C · 1 h 30. Fini le poulet sec : la volaille reste souple et juteuse, parfaite en salade comme au plat. Par sécurité, respectez bien ce couple temps/température, qui pasteurise à cœur.
Magret de canard — 57 °C · 2 h ; à la fin de la cuisson, rendez la peau croustillante à la poêle froide montée en température. Rosé intégral, gras fondu : la recette qui bluffe le plus vos invités.
Cuisse de canard confite — 75 °C · 12 h avec une cuillère de graisse : le confit maison sans friteuse ni four.
Saumon mi-cuit — 45 °C · 30 min après 20 minutes de saumure (eau + 5 % de sel) : une texture de sashimi tiède, soyeuse et savoureuse.
Cabillaud nacré — 52 °C · 30 min, avec un filet d'huile d'olive et du citron. Les feuillets se détachent d'eux-mêmes.
Crevettes et fruits de mer — 55 °C · 25 min : croquants et jamais caoutchouteux.
Le poisson pardonne peu à la cuisson classique ; en cuisson basse température, il devient inratable.
45 minutes à 64 °C, sans même ouvrir la coquille : blanc à peine pris, jaune crémeux qui nappe tout ce qu'il touche. Servez-le sur un risotto, des asperges ou un bol de ramen. Cette recette est la première à faire pour comprendre ce que la précision change — et celle qui a rendu la technique célèbre dans les restaurants du monde entier.
Carottes glacées — 85 °C · 1 h avec beurre et miel dans le sac : elles confisent dans leur propre jus.
Asperges — 85 °C · 12 min, vert éclatant et croquant intact.
Pommes de terre crémeuses — 90 °C · 1 h avec beurre et romarin, puis écrasées et rôties pour des « smashed potatoes » dorées.
Betteraves — 85 °C · 2 h : une intensité de goût impossible à obtenir à l'eau bouillante.
Crème anglaise inratable — 82 °C · 45 min en bocal, sans risque de coagulation.
Poires pochées au vin — 70 °C · 1 h : elles s'imprègnent des épices sans se défaire.
Ananas vanille-rhum — 65 °C · 1 h, à servir tiède sur une glace.
Cheesecake en bocaux — 80 °C · 1 h 30 : texture veloutée, portions parfaites.
À l'ouverture du sachet, ne jetez jamais le jus : c'est un concentré de sucs que la cuisson traditionnelle perd dans la poêle. Versez-le dans une petite casserole, faites réduire deux minutes, montez au beurre froid — voilà une sauce brillante et intense, sans fond ni bouillon. Avec le magret, déglacez au miel et au vinaigre balsamique ; avec le poulet, ajoutez crème et estragon ; avec le poisson, citron et aneth suffisent. Une recette de sauce par jus de cuisson : c'est le réflexe qui transforme un plat réussi en plat mémorable.
1. L'épaisseur commande le temps : comptez environ 1 h par tranche de 2,5 cm, quel que soit le poids total.
2. Assaisonnez léger : les arômes sont démultipliés dans le sac — la main lourde d'hier devient l'excès d'aujourd'hui.
3. Une seule couche : les morceaux ne doivent pas se chevaucher dans le sachet, c'est la condition d'une cuisson uniforme.
4. Saisissez toujours à sec : épongez la surface avant la saisie, c'est le secret d'une croûte immédiate qui ne surcuit pas l'intérieur.
5. Le jus du sac est de l'or : déglacez-le en sauce minute avec une noix de beurre froide.
Commencez par le trio gagnant : l'œuf parfait (45 min, effet immédiat), le blanc de poulet (le plus utile au quotidien) et le steak (la démonstration qui convainc toute la table). Trois plats savoureux, trois types de cuisson différents — après ça, chaque nouvelle recette de l'index vous tend les bras. Pensez aussi à cuisiner en double : la moitié pour ce soir, l'autre refroidie et mise en congélation pour un soir pressé. Cuire une fois, manger deux fois.
Presque tous les aliments sous vide se prêtent au jeu : viandes, poissons, légumes, fruits, œufs (même en coquille), crèmes en bocal. Seules exceptions : l'ail cru en grande quantité (botulisme) et les légumes verts pour des cuissons très longues.
Retenez trois repères : 55 °C pour les viandes rouges rosées, 64 °C pour le poulet et l'œuf, 85 °C pour les légumes. Le détail complet est dans le tableau de tous les temps de cuisson.
Oui pour goûter la technique : casserole, thermomètre, sac zip et la méthode d'immersion. Pour cuire régulièrement, un appareil dédié change tout — précision et sérénité.
Le réflexe le plus rentable : préparer les protéines de la semaine le dimanche (deux blancs de poulet, un saumon, des légumes), les refroidir dans l'eau glacée et les régénérer 15 minutes le soir venu — le fameux « batch cooking ». Des repas de restaurant les soirs de semaine, sans cuisiner.
C'est même recommandé : 30 à 60 secondes sur feu très vif, au barbecue ou à la poêle en fonte. La croûte se forme sans surcuire l'intérieur.
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